Spectacle de Derviches Tourneurs : Le Ballet des Souffles

au Casino de Paris, lundi 23 janvier 2006

 

8 Le Ballet des Souffles

Le spectacle avait deux parties bien distinctes : la première était consacrée à des chants soufis, la deuxième au ballet des derviches.

La musique soufie était illustrée par quatre musiciens et cinq chanteurs, installés sur des chaises formant un arc de cercle sur la scène.

Inspirés par un ney symbole de souffle vital, les hommes ont chanté de la poésie mystique. Un appel à la prière a rompu soudain les œuvres littéraires.

Habituée à écouter une telle prière comme venue des cieux et s’écoulant d’un minaret, la vision de l’homme priant sur la scène du Casino de Paris était bouleversante.

Puis d’autres chants ont repris, accentués comme des vagues, s’estompant pour reprendre quelques instants plus tard avec plus de force.

Après l’entracte, ces mêmes hommes, maintenant habillés en derviches : la toque comme une pierre tombale, le long manteau noir comme une tombe et le manteau blanc comme un linceul sont revenus s’installer au fond de la scène pour accueillir les danseurs.

Y voir un ballet, une danse classique et oublier le profond caractère religieux de l’ensemble serait une erreur regrettable. C’est une danse certes à laquelle on assiste ébahi mais on est loin de contempler une danse puisqu’il s’agit avant tout d’une démarche spirituelle.

Les derviches se saluent de nombreuses fois avant de commencer leurs mouvements tourbillonnants. Là encore, la sobriété est de mise car l’harmonie du mouvement saluera le beauté et l’amour du monde. Les bras sont ouverts, la main droite de l’homme est dirigé vers le ciel et Dieu, la main gauche est tourné vers la terre, et, dans une ronde qui semble ne jamais s’arrêter les derviches se suivent dans une longue mélopée, sans jamais briser le lien qui les mène à Dieu et au monde, absents et présents à la fois, obsédés par le rythme et pourtant légers comme des plumes.

Il me semble bien au bout du compte que le spectateur finit par ressentir la même sensation.

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par Mylène Griess

28.01.2006

 

       

 

8 LES PHOTOS

 

8 Le fil de discussion sur le forum

 

8 Cette soirée a été organisée par l'Association Plateforme de Paris : http://plateformedeparis.com

Merci et bravo à eux qui ont travaillé sur ce projet depuis plus d'un an.

L'Association Plateforme de Paris a pour but de promouvoir le dialogue interculturel en favorisant la compréhension et le respect réciproque entre personnes d'origines culturelles et religieuses différentes dans la société.
 

Sur le site de Plateforme de Paris :

Le Ballet des Souffles

Des derviches tourneurs de Konya, ville de Rumi, viennent  pour faire une représentation de leur danse sacrée au cours d'une soirée de séma à Paris le 23 janvier 2006.

 

Sema
Le sema est la danse sacrée des derviches tourneurs, des sufis de Mevlana. Ils viennent de la ville de Konya (Turquie) où repose Djalal addin Al-Roumi (13ème siècle), grand philosophe et mystique musulman.


Tout en tourbillonnant ses bras sont ouverts, sa main droite ont dirigé vers les cieux prêt à recevoir la bénédiction de Dieu, regardant sa main gauche tournée vers la terre, il tournent de droite à gauche autour du coeur. C'est sa manière de transporter le cadeau spirituel de Dieu au peuple sur qui il regarde avec les yeux de Dieu. En tournant, il embrasse toute l'humanité, toute la création avec affection et l'amour...
La deuxième partie est une voix de tambour, symbolisation de l'ordre de Dieu à la création: "soyez." La troisième partie est une improvisation instrumentale "taksim" avec un "ney tubulaire." Elle représente le premier souffle qui donne la vie à tout.
Le Souffle Divin. La quatrième partie est les salutations de "dervishes" entre eux et leur promenade circulaire trois fois répétée "Devr-i Veled," avec l'accompagnement d'une musique appelée "peshrev." Elle symbolise le salutation de l'âme à l'âme cachée par des formes et des corps. La cinquième partie est le Sema (tourbillonnement). Elle se compose de quatre saluts ou "Selam". À la fin de chaque partie, le derviche témoigne par son aspect à l'unité de Dieu.
Le derviche est vêtu d'une longue tunique blanche, couleur du deuil pour la mort, et d'une toque cylindrique en poil de chameau, symbole de la pierre tombale.
Ce concert se déroule comme un rituel : appel à la prière, sons propices ou la méditation, suivis par des poèmes chantés et par la danse.


Derviches Tourneurs
Inspirée par le rituel mystique des Derviches, cette illustration est caractérisée par un mouvement circulaire éclatant de dynamisme.Elle célèbre la capacité de transcendance de l'être humain par les expressions culturelles. Un voyage mystique sur l'élévation spirituelle de l'homme par l'esprit et l'amour qui envoûtera le public.
Le chant mystique, c'est aussi la poésie (Al-shir), cette parole qui s'élève au rang d'un art sacré chez les Arabes. Al-Hallâj, Ibn Arabi et d'autres sont des grands cieux. Les textes proviennent des plus beaux poèmes soufis.
Ils sont comblés d'un décor musical et de mélodies issues de la tradition musulmane ancestrale. Ce chant est accompagné par la danse mystique des derviches tourneurs dont l'origine remonte à l'époque de Djalal addin Al-Roumi (13ème siècle).
Tout en tourbillonnant ses bras sont ouverts, sa main droite ont dirigé vers les cieux prêt à recevoir la bénédiction de Dieu, regardant sa main gauche tournée vers la terre, il tournent de droite à gauche autour du coeur. C'est sa manière de transporter le cadeau spirituel de Dieu au peuple sur qui il regarde avec les yeux de Dieu. En tournant, il embrasse toute l'humanité, toute la création avec affection et l'amour...
La deuxième partie est une voix de tambour, symbolisation de l'ordre de Dieu à la création: "soyez."
La troisième partie est une improvisation instrumentale "taksim" avec un "ney tubulaire." Elle représente le premier souffle qui donne la vie à tout. Le Souffle Divin.
La quatrième partie est les salutations de "dervishes" entre eux et leur promenade circulaire trois fois répétée "Devr-i Veled," avec l'accompagnement d'une musique appelée "peshrev." Elle symbolise le salutation de l'âme à l'âme cachée par des formes et des corps. La cinquième partie est le Sema (tourbillonnement). Elle se compose de quatre saluts ou "Selam". À la fin de chaque partie, le derviche témoigne par son aspect à l'unité de Dieu.
Traditionnellement, cette danse était l'expression populaire par excellence. Pauvre peu instruit, jeune, vieux, savant, femme, il n'y avait aucun rejet et chacun pouvait s'y investir.
Ce concert est une extraordinaire illustration de l'attachement et de la passion. Il se déroule comme un rituel : appel à la prière, sons propices ou la méditation, suivis par des poèmes chantés et par la danse.


Sois comme le soleil
Dans la générosité et l'assistance, sois comme un fleuve
Dans la tendresse et la pitié, sois comme le soleil
Pour cacher les défauts d'autrui, sois comme la nuit
Dans la colère et la nervosité, sois comme le cadavre
Dans l'humilité et la modestie, sois comme la terre
Dans la tolérance, sois comme la mer
Ou parais comme tu es, ou sois comme tu parais


Roumi

 

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