Sinsinem

Petite guerrière de la vie !

Salut les Ptis Lokums !

Qui suis-je ? En voilà une question difficile… Je suis une fille, une sœur, une épouse, une femme, une amie, une étudiante, une salariée, une bénévole, une Ptite Lokum, une franco-turque, une Parisienne… Si vous voulez vraiment savoir qui je suis, vous allez avoir de la lecture car je ne sais pas faire court… Vous êtes prêts ?

 

Une fille, une sœur

Je suis la fille de ma mère et de mon père, et la sœur de ma sœur. Mais qui sont ces gens ?

Mon père est né en 1939 en Turquie à Manisa, a grandi à Izmir (dans le quartier de Hatay) et est arrivé en France en 1967-68, après avoir voyagé en Europe et au Moyen-Orient. Il parlait 7 langues, mais préféra travailler comme mécanicien modèle (couturier confectionnant le prototype servant de modèle pour toute la collection prêt-à-porter). Il rencontra ma mère en juin 1980, deux mois avant de l’épouser. Ma mère, fille d’une famille d’exploitants agricoles devenus propriétaires fonciers, et âgée alors de 32 ans, l’épousa plus pour venir en France et fuir la monotonie que par amour. Pourtant, moins d’un an plus tard, je vis le jour… Mon père fut un vrai papa poule (voire trop), nous refusant pratiquement rien. Je vécus le mythe de l’âge d’or avec mon enfance. Même la naissance de ma petite sœur ne perturba pas ce bonheur ! En fait, ma petite sœur fut ma poupée vivante d’abord, puis mon compagnon de jeu et surtout de bêtises…

Mon adolescence fut plus difficile, lorsque mon père subit un accident cardiovasculaire qui le paralysa du côté gauche, l’obligeant à rester pendant trois mois à l’hôpital. Ma mère effondrée, ma sœur trop jeune, je dus prendre les rênes de la famille. Un nouveau job pour ma mère (qui aidait mon père mais ne travaillait pas auparavant), un papa présent mais trop occupé à reprendre ses capacités physiques (et psychologiques, les séquelles ne sont pas aussi visibles qu’on le pense parfois), une nouvelle place pour moi dans la famille, notamment par rapport à ma sœur pour qui j’incarnai un nouveau parent. Je ne vécus donc pas mon adolescence à temps, mais retardée pour mes 20 ans. En effet, ce n’est qu’à ce moment que les disputes caractérisant l’adolescence apparurent dans ma vie. Un passage de 2-3 mois en Turquie me permit de couper le cordon ombilical. Pourtant, que ce soit par réaction à mon père, ou pour le rendre fier, j’étais encore très dépendante de lui pour prendre toutes mes décisions. Sa mort, le 17 janvier 2005, m’a profondément perturbée : j’ai arrêté mes études pendant un an, et perdu tous mes repères. Ma mère et ma sœur furent alors mes plus grands soutiens, ainsi que mon époux…

 

Une épouse, une femme

J’ai épousé mon homme le 15 mai 2004, moins d’un an après notre rencontre. Mais pour cela, vous pouvez lire quelques-uns de mes nombreux posts sur ce forum :

- post sur la différence de culture (il est Kabyle) >>

- post qui raconte notre rencontre >> 

Je voudrais juste ajouter que mon adolescence n’a pas été propice à mon épanouissement personnel en tant que femme. J’ai toujours été coquette (dès ma plus tendre enfance), mais adolescente, je n’acceptais pas mon corps : trop grosse, trop moche, trop petite, etc. C’est grâce aux hommes que j’ai pris confiance en moi et que j’ai pu développer ma féminité. Je remercie donc tous les hommes que j’ai rencontrés, même ceux qui m’ont faite souffrir… Mon chéri, quant à lui, me permet tous les jours de m’épanouir un peu plus et constitue l’un des piliers de ma vie !

 

Une amie

L’amitié est une de mes valeurs phares, avec la générosité et la solidarité, qu’elle contient aussi d’ailleurs. J’ai plusieurs groupes d’amis, et plutôt d’amies car même si je m’entends bien avec les garçons, je suis toujours dans un certain rapport de séduction. Je suis donc plus proche des filles en amitié.

Mes amies du lycée : ce sont celles avec qui j’ai partagé et je continue de partager beaucoup. L’une est juriste à la Fédération Nationale de l’Habillement, l’autre prépare une thèse à l’INRA (Institut National de Recherche Agricole). L’une est légère et fofolle. L’autre est sérieuse et cultivée. A nous trois, nous formons un trio de choc et de charme !

Mes amies du BTS : filles d’immigrés et/ou d’ouvriers, elles ont pour point commun la volonté de s’en sortir coûte que coûte… une volonté dont je suis également animée.

Mes amies de la fac : des filles studieuses mais tranquilles, avec qui je suis devenue amie en moins d’un an et qui ont été d’un grand soutien lors de la préparation de mon mariage, notamment en m’obligeant à faire un repas pour le célébrer, en se partageant en partie le coût de ce repas !

Mes amies de Montpellier : la distance crée des liens, notamment entre des Parisiennes égarées dans le Sud…

Mes amies de l’Inseec : on peut avoir des valeurs de solidarité et de générosité, les revendiquer et faire une école de commerce. Ensemble, nous nous aidons à ne pas oublier qui nous sommes vraiment !

Mes amies du boulot : ce sont elles que je vois le plus dans la journée, heureusement qu’elles sont là, sinon l’agence serait bien fade.

Mes amies d’Arc-en-ciel : je les ai rencontrées à l’association, mais elles sont devenues beaucoup plus que des bénévoles avec qui je partage cette passion. Aujourd’hui, elles sont de véritables amies, des confidentes et même des « compagnonnes » de défis (en ce moment, c’est à qui perdra le plus de poids avant début octobre !)

Mes amies des Ptis Lokums : nous ne nous connaissons pas depuis très longtemps, mais je pense que nous sommes en train de poser les pierres fondatrices d’une longue amitié…

Mes amis masculins : mon ami d’enfance, avec qui nous avons grandi et fait énormément de bêtises (ah les pistaches...), mes potes de Montpellier avec qui j’adore me bourrer la gueule, mes collègues du boulot qui ont toujours une bonne blague pour me faire oublier un client énervant, mes copains de l’école avec qui on peut débattre de l’actualité économique et politique pendant des heures et des heures, surtout avec un verre dans le nez !

Ma sœur : c’est ma meilleure amie, même si je la déteste souvent et qu’on s’engueule tout le temps, c’est elle qui me connaît le plus et qui sait quand je vais mal. Malgré nos 4 années de différence, la confusion de rôles qui a pu poser quelques problèmes entre nous, nous sommes aujourd’hui très complices et il serait impensable d’envisager de vivre l’une sans l’autre !

 

Une étudiante, une salariée… une future chef d’entreprise ?

Les études sont une partie non négligeable de ma vie. De nature fière, j’ai toujours essayé de faire partie des premiers de la classe. J’ai reçu un prix du mérite en 5ème, comme une centaine d’autres petits parisiens, mais c’était la classe d’aller à la Mairie de Paris pour recevoir un prix, et de boire du champagne avec ses parents aussi fiers ! Pour faire court, j’ai eu une scolarité exemplaire, ou presque, jusqu’au lycée, où les choses se sont un peu corsées. Cela ne m’a pas empêché d’obtenir un baccalauréat scientifique, spécialité mathématiques. J’ai raté la mention de peu, ce qui a tellement frustré mon perfectionnisme de l’époque que je suis partie du lycée Henri IV (où j’avais passé mes épreuves) sans mon relevé de notes, sésame pour les études supérieures. (J’y suis retournée le lendemain !)

Mon orientation à l’université s’avéra plus difficile que prévue : depuis toute petite, je pensais vouloir devenir médecin. Je me suis rendue compte en cette année césure qu’est la terminale, que ce métier exigeait une vocation que je n’avais pas. Dans le doute total, j’ai suivi le choix de ma meilleure amie et les sages conseils d’une tante avocate pour m’inscrire en droit, à la Sorbonne. Toutefois, après une première année réussie haut la main, je me confrontai pour la deuxième fois dans ma scolarité au problème épineux du racisme. Dégoûtée, déroutée, déprimée, en pleine adolescence retardée, je décidai d’abandonner le droit et de partir en Turquie pour y travailler et décider où était ma vie : en France ou en Turquie. Je suis revenue en France, avec l’idée que ma vie pourrait être n’importe où dans le monde ! C’est pourquoi j’ai tenté d’intégrer un BTS Commerce International mais tout était complet en classique. L’ENC m’a donc appelée pour me proposer une formation en alternance. J’ai accepté et me suis retrouvée chez la BNP Paribas, dans le service des réclamations des virements internationaux. J’ai voulu continuer mes études, d’où une licence AES Commerce et Affaires Internationales à la fac de Créteil. Mais, après avoir goûté au monde du travail et au système de l’alternance, la fac ne m’apportait pas assez. Donc, je suis allée voir du côté des écoles de commerce en alternance. L’ESC Montpellier m’a plue pour sa réputation et sa formation complète en apprentissage. En même temps, j’ai été embauchée chez Hewlett Packard en tant que Business Analyst. Le décès de mon père a perturbé ce parcours déjà sinueux. Mais, depuis Janvier 2006, je travaille chez Verbe, l’agence d’édition de Publicis où je suis Chef de projet junior (je prépare des journaux internes d’entreprises, des journaux externes – par exemple celui que vous recevez de votre opérateur téléphonique portable chaque mois – et d’autres supports de communication papier), en alternance avec l’Inseec. Enfin, mon rêve, c’est d’ouvrir un bar avec un concept bien à moi… mais malheureusement, ce n’est pas encore pour demain !

 

Une bénévole, une Ptite Lokum !

J’ai rencontré Arc-en-ciel, après la mort de mon père. J’avais du temps, et surtout mon esprit à occuper. Ma mère allait à l’association L’ACORT (L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie) et c’est par elle que j’ai découvert l’association puis la branche jeunesse Arc-en-ciel. J’ai tout de suite commencé à participer à l’émission de radio (tous les samedis de 13h à 16h sur 106.3fm). L’animation est vraiment un moment qui me plaît, j’ai l’impression que je partage un peu de moi avec les auditeurs. Mais malheureusement, je ne peux plus participer à l’émission car mon entreprise m’a offerte une formation qui se déroule tous les samedis après-midis. Je resterai toutefois bénévole à l’association pour les autres activités, tant que je le pourrai (conférences, séminaire à l’Assemblée nationale, etc).

J’ai découvert les Ptis Lokums à cette époque aussi. En prenant part à l’association, j’ai fait la paix avec mon identité turque. Du coup, j’ai été beaucoup plus ouverte aux différentes initiatives autour de mon pays d’origine. Et il faut dire que je suis une inconditionnelle d’Internet, et une bavarde invétérée donc le forum me correspond vraiment !

 

Une franco-turque, une Parisienne

Je suis donc turque par le sang et française par l’éducation, mais plus que tout je suis Parisienne, et même une Parisienne du Nord-Est. Née dans le 17ème arrondissement, grandie dans le 19ème, mariée pour le 18ème, je n’arrive pas à me séparer de cette partie de Paris. J’adore son côté populaire et multiculturel qui la rend si vivante. Paris, c’est bien sûr aussi la Tour Eiffel, où j’ai rencontré mon chéri, la Seine, sur les quais de laquelle j’adore me balader, ou les Champs Elysées, pour les promenades avec ma mère ou mes copines.

 

Pour finir, je voudrais juste expliquer le titre : mon pseudo Sinsinem vient du surnom qu’une de mes copines m’avait attribué suite au dessin animé de Disney « Mulan » : « Sinsin, la guerrière chinoise ». En effet, j’ai les yeux en amande, dûe aux origines tatares de ma grand-mère paternelle (grand-père paternel de la région de la Mer Noire, grand-mère maternelle bulgare ou plutôt « pomak » et grand-père maternel de Selanik-Salonique, comme Atatürk, je ne suis donc pas un pur sang !).

J’aime bien ce surnom, donc je l’ai adapté… « Sinsinem, guerrière de la vie », ça me correspond, non ?

 

PS : Mon trombi est sûrement le plus long et le plus riche en photos, désolée, je plaide la déformation professionnelle (je fais des magazines toute la journée au boulot !) et un égo démesuré, mais ça, vous le saviez déjà !

 

Sinsinem

Septembre 2006


 

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